
J’habite un moulin en pente tout moins son nom nous le chante. Un de ces lieux parisiens aux cents vies oubliées.
J’habite un bout d’histoire, aux ruelles qui vibrent toujours d’une Commune qu’on entonne premiers jours de printemps.
Y dévalaient jadis des sources et les cascades ; désormais souterraines, leur murmure s’est tu. L’eau ne coule guère plus au jardin attenant, vieil antre de Mérovée. Les vignes, elles, subsistent, souvenir anecdotique d’une culture d’autrefois.
Mais l’ombre de ses anciens subsiste à qui sait regarder. Edith y a sa pierre, Maurice sa plaque au metro. Daniel, son Malaussène et toute sa tribu, Romain y aurait-il toujours la vie devant soi ?
Le quartier a changé au gré de ses vivants, les autres ont succombé ou ont cedé la place.
Désormais ils murmurent aux caveaux, à un jet de pierre tombale, sous le regard austère d’un vieux Père Lachaise que le printemps égaie autant qu’il le rend triste.
Et nous remémorons leurs noms dans un troquet, de nuit, un flacon à la main. Le Ménil monte en l’air, au gré de nos paroles.




















