
Le monde était en peine, les masques déployés, J’avais raté une marche, dévalé l’escalier, Ne m’étais rattrapé qu’au devoir familial, de poursuivre, ne pas céder à la facilité.
Le monde autour de moi m’avait tendu la main, Médecins et amis, ils m’avaient épaulé, forcé dans la confiance, Et malgré tout cela, le doute me consummait. Quand on ne sait plus trop, où aller, ni que faire, se fier à autrui, n’est guère rassurant.
Et le désir des autres de nous voir aller mieux oublie souvent un fait : leur mieux n’est pas le mien. À paver mon chemin de leurs bonnes intentions, ils m’amènent malgré eux vers un enfer sur terre.
Alors reprendre la main, avancer à tâton, tenter de réprimer les craintes de l’avenir, Trébucher, retenter, laisser se conjuguer les plaisirs quotidiens.
Cesse de t’autodétruire toi qui ne sait plus t’aimer ! Focalise tes pensées, sois dans l’instant présent. Il faut te reconstruire, cesser de te haïr, Retrouver en ton sein l’amour qui a fugué.
Mais au dehors, la société se meurt… incapable de commun, elle se déchire, vocifère et tempête. La faute est toujours l’autre, “nous sommes le camp du bien, ils sont la manipulation, la violence et le mal” ! J’envie leurs certitudes et ne peux les faire miennes Car ils ont tous les mêmes d’où qu’ils viennent, quels qu’ils soient.
Dans ce monde binaire, où chacun en oublie l’humanité de l’autre Un frère ou une soeur, qu’il faut tâcher d’aimer malgré ses différences, malgré ce qui pour nous est défaut et qualité pour d’autres. Qu’un avenir radieux ne peut être construit qu’ensemble et nécessite d’ensemble tempérer ses ardeurs. Les voilà abreuvés par ce qui les confortent, à ne voir que le pile, ils en perdent la face. Où est la société dans cette logorrhée de discours estropiés ?
Alors en revenir à soi, et se demander soudain comment se reconstruire dans un monde à notre image, qui en oublie de s’aimer, et qui, pris de folie, s’écartèle et nous broie.





