
Âme fragile, s’abstenir !
Week end au soleil dans la chambre, les opiacés assomment mollement volonté et conscience, tout est calme et ouaté, tout est doux, tout est tiède. Le chat est là, lové contre le bras, bienheureux de sa place, la vie coule doucement…
Pourtant la douleur n’est pas loin, tapie en ambuscade qui attend qu’on la perce, qu’on en voit l’immensité. Elle est juste remisée, oubliée sous les délices de l’édredon.
Le dimanche s’effiloche et ne reste que quelques heures de ces moments perdus. Voilà que recommence la valse désincarnée et que la sourde ennemie se rappelle à nos sens.
On halète, on se bat, on tente de la laisser pour morte mais c’est elle qui nous broie, quoi qu’on fasse, coute que coute, on finira perdant, les pensées éperdues à se demander comment, à lutter pour lâcher prise d’un présent violent qui nous emporte déjà loin des berges calmes des évidences trompeuses.
Équilibriste j’avance et m’accroche aux quelques branche qui subsistent encore de ces longues années à tenter d’espérer que le monde soit autre ou que je ne sois pas.
File donc ma vie, je ne sais pas t’aimer.