La pêche aux écrevisses, c’etait un chapitre de son enfance ; Un gout de grand chambardement d’été.

Toute la famille suivait, la voiture surchargée, une vieille Ariane 4 (Sicma vous connaissez ?)

On filait au canal comme une transhumance, de ces morceaux de Pagnol, comme pour marquer les vacances.

Les permis dans la poche, les balances à la flotte, un peu de pain aillé et les vieux bas de mamie pour empêcher les bêtes de grignoter l’apât.

Souvenir remonté à la surface lors d’un printemps passé, on s’était dit chiche, allons-y cette année. Alors on avait tout prévu, on avait marqué la date, récupéré les illustres appareils, un permis en règle (pour pêcher un nuisible c’est dantesque ce truc).

Les ancêtres dans les bagages, on avait pris la route au bord du long canal qui berce ma Bourgogne.

Vandenesse ! C’était là ! Tout y était, du chateau surplombant, au village, aux écluses. La tête dans les souvenirs, mélange perturbant de passé, de présent, d’ailleurs, de maintenant et l’émotions qui remonte aux paupières. Maman contemplait ce coin où une part de son enfance a éclot, où une part de passé est resté piégée entre deux écluses.

Tout lui remontait, tout y était… sauf les reines du spectacles ! Deux pauvres écrevisses échappées des balances, pour la beauté du geste… mais le voyage valait le coup !