fchazal, quondam incipio auctor ab MMVII

Catégorie : Tranches de vie

Ménil-Chantant…

L’église est là, impassible et massive. Elle attend sereinement l’arrivée des badauds qui se massent sur ses marches au soleil printanier. C’est de ces monuments qui marquent un quartier. De ces places d’autrefois où s’attroupent les locaux.

On s’assoie dans son ombre. On y parle, s’y retrouve, y échange un repas, un café, une cannette. On s’y pose en lumière, un gros livre à la main et laisse peu à peu dériver ses pensées dans l’air frais et l’oeil chaud d’un soleil bienveillant.

Alors commence la magie de ce quartier vivant qui cultive son histoire. Alors s’élèvent des chants qui sortent de sa torpeur le passant assis là, arrêté dans le temps d’une après-midi calme sur le chaud réconfort d’une pierre séculaire.

Les voix s’ajoutent au choeur, l’accordéon en fond et résonnent les airs d’un Paris d’autrefois. Le temps de quelques balades oubliées ressurgit du passé un quartier populaire, communard et fier.

S’enchainent les tubes de la belle époque, quelques chansons oubliées, certaines que l’oreille remet à peine. C’est alors qu’on reconnait le Temps des Cerises et se prend à fredonner cet air lent et triste avant que ne résonne sur les murs de l’église l’Internationale aux paroles plus martiales empruntes d’humanisme. La politique divise mais le chant nous rapproche par son universalisme…

Ce quartier, c’est le mien, c’est là où j’ai posé mes valises et me laisse emporter chaque jour dans les valses du temps.

Deux Ponts et l’Aven… ture

La ville est bourgeoise, massive, à flanc de coteaux. Nuls colombages dans ces maisons de pierre qui jalonnent le cour dont la ville porte le nom.

Comme sorties du sous-sol, accrochée, indomptables, les masures rugueuses nous regardent arpenter les petites ruelles gorgées des aoutiens en quête de confiseries.

Pont-aven se dévoile en arrière cour, dans une promenade plantée rigolant sur ses eaux.

L’aven grossit soudain et devient un port, une rivière immense qu’une promenade borde de vieux chênes centenaires à l’écorce décharnée, torturée comme sculptée. Le temps à laissé là ces vieux arbres dégénérés, patriarches que veille un parterre de rochers.

La Paix Saint Maurice

Quel calme, quelle paix que ce bout d’Abbaye à l’histoire effacée…

Sous les frontons des tilleuls, sous le regarde acide des pommiers rustiques, dans ces ruines de granit. On y resterait bien à regarder la nature, à ressentir le temps qui file doucement entre nos doigts, à travers les feuilles.

Là-haut le vent s’engouffre dedans des arbres centenaires, joue dans leurs frondaisons, en ploie les cimes immenses et nous toise du haut des faites, fourmis affolées devant l’éternité.

Être là, se sentir petit, tout petit, écrasé par l’histoire, enseveli sous la pierre et se sentir en paix, se sentir juste là, juste comme cela, sans autre raison que celle de respirer, de voir, de contempler…

Tous les frondaisons des tilleuls, la brise sur la peau, le soleil sous les nuages, la Laïta devant soi…

Quimperlé au Soleil

L’église en granit au milieu de la place, la Bretagne nous accueille, nous dévoile ses ruelles, ses mystères, ses belles pierres.

Perrons de granit qui s’enfonce dans l’eau brune, allées de verdures qui serpentent le long du cours, roses trémières dans les ruelles médiévales, monastère opulent, effondré, reconstruit…

C’est un petit écrin, une ville de granit et d’eau, de fleurs et d’arbres, de pentes et de ponts. Quimperlé est ancienne, elle est mal dégrossie, c’est une rude campagne qui fleure bon les embruns.

Nul calcaire ici-bas, cette roche fine et souple qu’on dessine, qu’on ciselle, que les feux du soleil caressent et lèchent avec avidité. Ici c’est le granit la pierre souveraine. Rèche, rude, rugueuse, elle n’aime pas les caresses, elle accroche la lumière et l’enferme dans ses creux, dans ses rides de vieille dame.

La ville lui ressemble, rustique, brutale, de ces bourgs d’antans où mieux vaut s’arrimer quand approche la tempête. Tendons donc l’oreille pour y entendre encore le craquement des charrettes, les roues sur les pavés, le beuglement des gens dans les ruelles étroites bordées de colombages.

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